Envisager des études supérieures

Le génie est fait de un pour cent d’inspiration et de quatre-vingt-dix-neuf pour cent de transpiration.
Thomas Edison

Certaines personnes y songent depuis longtemps, d’autres savent qu’il s’agit d’une étape obligatoire pour l’obtention d’un titre professionnel. Pour plusieurs cependant, la question de faire des études supérieures va se poser, en cours de route, au premier cycle. Elle a tout intérêt à se poser tôt, car il y a des exigences: moyenne cumulative de 3 et plus, (2,8 dans certains programmes), date limite plus rapprochée pour l’admission ou pour l’obtention de bourses, etc. On peut envisager les études supérieures pour de bonnes ou mauvaises raisons, tout comme on peut ne pas y penser, aussi pour de bonnes ou mauvaises raisons.

Motivations

La première chose à faire est de situer le genre de motivation qui vous pousse aux études supérieures. Si c’est le désir d’apprendre, l’envie de pousser plus loin ou la stimulation intellectuelle à l’idée de résoudre une question qui vous habite, ce sont les motivations les plus favorables à la recherche et à la créativité parce qu’en général, elles amènent un apprentissage significatif et orienté vers la compréhension en profondeur.

Vous pouvez aussi vouloir faire des études supérieures pour le salaire, pour faire plaisir à votre entourage ou par peur de décevoir. Vous pouvez chercher à vous réfugier dans les études supérieures par peur du marché du travail ou pour préserver votre statut d’étudiante ou d’étudiant. Ce qui vous motive est alors la crainte d’une conséquence négative ou la recherche d’une récompense sans rapport avec la tâche. L’apprentissage est alors de moindre qualité parce que trop axé sur les résultats et l’obtention du diplôme. Ce genre de motivation peut être source d’une bonne dose de stress.

Vous pouvez également désirer vous accomplir, c’est-à-dire relever des défis personnels et vous dépasser dans la maîtrise d’une matière spécifique. Vouloir exceller dans un domaine aide à maintenir la motivation tout en favorisant un apprentissage de qualité, car on tire son plaisir de la satisfaction anticipée d’atteindre ses buts. Cependant, il faut faire attention aux pièges du perfectionnisme.

Attentes

Vérifiez également si vos attentes correspondent bien à la réalité. Le but principal des études supérieures comprend presque toujours cette intention: vouloir vous initier à la recherche. À des degrés divers, bien entendu, car même une maîtrise professionnelle inclut généralement un minimum de recherche. Prenez le temps de consulter les objectifs de ce genre d’études (voir ceux de l’Université Laval). Dans tous les cas, vous devrez apprendre à utiliser vos connaissances pour résoudre des problèmes ouverts. Vous aurez à identifier les lacunes de votre formation et à les combler par vous-même, particulièrement au doctorat. Vous vous poserez des questions et vous apprendrez à reconnaître leurs difficultés. Comme l’a dit Hubert Reeves, astrophysicien réputé, «le principe des études supérieures, c’est qu’on y apprend à apprendre». Ces études demandent aux étudiantes et étudiants d’avoir un grand sens des responsabilités et une grande autonomie, d’être méthodiques et productifs, d’avoir de bonnes habiletés d’étude et une bonne capacité de rédaction. Vous devez donc adopter une attitude de prise en charge et d’initiative face à vos études.

Certaines attitudes peuvent vous jouer des tours. Dans le livre «How to get a PhD», Philipps et Pugh en signalent quelques-unes (qui peuvent aussi s’appliquer à la maîtrise). La première est de ne pas vraiment vouloir le diplôme: ce serait bien, mais on n’est pas vraiment prête ou prêt à y mettre l’effort nécessaire. C’est un peu comme devenir millionnaire: beaucoup de gens le souhaitent, mais très peu font ce qu’il faut pour y parvenir.

Un autre piège est de surestimer ce qui est demandé. Les études supérieures sont principalement un entraînement à la recherche et, dans ce sens, l’idée qu’il faille apporter une contribution tout à fait originale doit être nuancée. Tant mieux si vous y arrivez, mais en faire un objectif relève davantage d’une stratégie pour l’obtention d’une reconnaissance honorifique que pour l’obtention d’un diplôme. On vous demande surtout de faire de la science «normalement». Vous pouvez choisir vous-même votre projet ou vous associer à un projet mis en marche par une professeure ou un professeur.

À l’inverse, vous pouvez sous-estimer ce qui est demandé pour l’obtention de ces grades, particulièrement si vous occupez déjà un emploi. Non seulement trouver une réponse demande beaucoup d’énergie, mais formuler correctement la question de recherche en demande tout autant, sinon plus. Il faut généralement passer beaucoup de temps pour justifier la pertinence de notre question avant de pouvoir s’attaquer à la réponse. Il est donc faux de penser que vous pourrez faire vos études supérieures en dilettante sous prétexte que votre question est déjà claire dans votre tête.

On sous-estime, en général, le temps et l’effort que la phase de rédaction finale demande alors qu’en fait, c’est celle qui exige le plus de concentration de tout le processus. Il est donc risqué pour les candidates et candidats aux études supérieures d’accepter un emploi avant d’avoir terminé, particulièrement à cette étape.

Avantages

Si elles ont leurs exigences, les études supérieures ont aussi leurs avantages. Le plus important est probablement la réalisation d’un projet qui vous appartient. La majorité des étudiantes et étudiants apprécient les études supérieures parce qu’elles permettent de travailler sur un projet personnel. Elles vous offrent la possibilité de satisfaire votre curiosité scientifique et de contribuer à l’évolution de la société. De plus, elles vous apprendront à vous organiser et à vous structurer davantage.

Il est vrai aussi, statistiques à l’appui, que le taux de placement s’améliore au fur et à mesure des cycles. De plus, ceux et celles qui détiennent une maîtrise ou un doctorat rapportent de hauts taux de satisfaction au travail, en particulier parce que la relation avec leur formation y est encore plus grande.

Références


Phillips, E.M. et Pugh, D.S.. How to get a Ph.D.. Open University Press, 1987

Rédigé par:
Daniel Tremblay, conseiller d’orientation

Source de l’article :
Université LAVAL
Centre d’aide aux étudiants de l’Université LAVAL

Planifier son intégration au marché du travail

Il n’y a que le premier pas qui coûte
Proverbe

Pour la grande majorité des étudiantes et étudiants, les études actuelles et à venir vont conduire à un travail rémunéré. La préparation vers une telle transition gagne à être anticipée, car certains éléments qui joueront en votre faveur nécessitent du temps pour être développés ou corrigés.

L’intégration au marché du travail est tributaire de plusieurs dimensions qui ne sont pas toutes sous votre contrôle: facteurs économiques, politiques, culturels, géographiques, démographiques, milieu familial, entourage, amis et amies, etc. Par ailleurs, à diplôme égal dans un milieu donné pour un emploi donné, ce qui fera la différence, ce sera souvent des caractéristiques personnelles affichées par vous ou recherchées par l’employeur ou l’employeuse. Et sur celles-là, vous avez plus de pouvoir. Ce serait donc une erreur de penser que la préparation à l’insertion socioprofessionnelle se limite à la rédaction d’un bon curriculum vitæ (aussi garni soit-il) et à de bonnes techniques d’entrevue. Ce sont des atouts importants, mais insuffisants.

Nous vous proposons donc de faire un premier bilan de vos caractéristiques personnelles, en vous inspirant des étapes du développement psychosocial d’Erikson , dans le but de vous permettre d’identifier quels aspects de vous-même mériteraient une attention de votre part. Demandez-vous où vous en êtes par rapport à:

La confiance

Avez-vous suffisamment confiance pour vous ouvrir aux autres sans méfiance excessive? Êtes-vous en mesure de reconnaître votre valeur personnelle et celles des autres?

L’autonomie

Faites-vous preuve d’assurance personnelle? Savez-vous vous affirmer lorsque nécessaire et êtes-vous capable de travailler aussi bien seule ou seul qu’avec d’autres?

L’initiative

Avez-vous le goût de réaliser des projets, d’avoir des défis, d’essayer des rôles? Avez-vous des buts et voulez-vous les atteindre?

Le savoir-faire «Industry»

Aimez-vous apprendre? Avez-vous le goût du travail, le goût d’accomplir des tâches et de les réussir? Avez-vous le sens des responsabilités? Finissez-vous ce que vous commencez? Aimez-vous les projets?

L’identité

Avez-vous une image positive de vous-même? Vous acceptez-vous? Êtes-vous capable de prendre des décisions éclairées?

L’intimité

Êtes-vous capable de développer des amitiés authentiques, d’avoir des relations saines et stables et de nourrir des relations positives avec les autres? Car il vous faudra entretenir des relations constructives avec les autres en milieu de travail.

Peut-être trouvez-vous étonnant que l’on vous parle d’insertion professionnelle sous cet angle? Voici des exemples de compétences que les employeurs et employeuses peuvent rechercher, telles que recensées par le Service d’appui au succès scolaire (SASS) de l’Université d’Ottawa:

Communication (orale, écrite) Éthique de l’emploi
Travail en équipe Adaptabilité et flexibilité
Relations interpersonnelles Attitudes et comportements positifs
Habiletés d’écoute Autonomie au travail
Négociation Créativité et innovation
Esprit analytique Atteinte d’objectifs
Résolution de problèmes Participation aux projets
Prise de décisions Habileté de gérer et d’organiser l’information
Leadership et gestion Apprentissage continu
Sens des responsabilités Prudence au travail
Honnêteté Fiabilité

Sources: Le Conference Board du Canada, Développement de ressources humaines Canada, workopolisCampus.com, et Nace’s Job Outlook 2002.

Vous conviendrez que, lorsqu’on y regarde de plus près, plusieurs de ces éléments relèvent des aspects de la personnalité mentionnés ci-dessus (confiance, autonomie, initiative, etc.). Voilà plusieurs dimensions qui vont influencer, à des degrés divers, votre insertion socioprofessionnelle. Pour les identifier ou pour les modifier, utilisez les occasions qui se présentent à vous: stages, travaux d’équipe, emplois d’été, emplois scolaires, bénévolats, parrainage, voyages. Vous aurez deviné qu’il importe peu que vos activités soient reliées à votre programme de formation.

Il sera avantageux aussi de pouvoir rendre compte de vos apprentissages et de faire part des compétences que vous avez acquises jusqu’ici. Certains programmes d’études facilitent cette explicitation ; vous devrez parfois vous arrêter pour en faire le tour. Consultez la rubrique de notre site «Développer un sentiment de compétence» pour plus d’informations.

Prévoyez également développer des outils en vue des démarches de recherche d’emploi: bonne connaissance de la profession et du marché du travail, techniques d’entrevue, rédaction de curriculum vitæ, etc. […]

Un bilan comme celui qui vous est proposé et les suites que vous voudrez bien lui donner n’auront pas un impact seulement sur votre intégration professionnelle. Tous les aspects de votre vie pourront en bénéficier à différents degrés. Cependant, ils témoignent plus d’une évolution vécue que d’un état atteint. Donnez-vous le temps de progresser.

Rédigé par:
Daniel Tremblay, conseiller d’orientation
Source de l’article :
Université LAVAL
Centre d’aide aux étudiants de l’Université LAVAL

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